En Alsace, dans le Sundgau, un cabanon de bois, charmant comme une maison de poupées, accueille ses hôtes au bord d’un étang, domaine des carpes et des libellules…
C’est une toute, toute petite maison posée là, au bord d’un étang, tout petit lui aussi. Si petite mais réalisée avec un tel sens du détail que l’on se sent aussi admiratif en y pénétrant que lorsque l’on contemple à la loupe une maison de poupées. Et c’est un fait, Pierre et Liliane Martin n’ont rien laissé au hasard lorsqu’ils se sont lancés dans cette aventure…un brin exigeante ! Leur maison principale est située en contrebas, entourée d’un jardin arboré auquel Liliane voue une passion sans bornes. Depuis de nombreuses années, ils rêvaient tous deux d’une pièce donnant sur l’eau au bord de la carpière, ce petit étang profond où hivernent les carpes quand les grands étangs de pêche sont nettoyés.
Et puis… « Un jour, raconte Liliane, j’ai déniché dans une brocante une magnifique tuile faîtière. Je l’ai tendue à mon mari et je lui ai dit : “tiens, voilà, tu sais ce qu’il te reste à faire, construire la maison qui ira en dessous ! ” ». Il n’en fallait pas plus pour que le rêve prenne forme et que Pierre relève le défi. Car défi il y avait bien, le plan d’occupation des sols du village étant très contraignant, le cabanon ne pouvait excéder vingt mètres carrés. Une gageure ! « J’ai tout de suite pensé que l’on pouvait gagner de la surface en hauteur, en ajoutant un étage au cabanon, raconte Pierre. Et puis, que l’on pouvait grignoter un peu d’espace avec une avancée comme un ponton, sur pilotis. »
Liliane, elle, rêvait d’un cabanon nordique, avec une belle balustrade en bois du Nord. Des discussions animées s’en suivirent, et Pierre finit par opter pour une ossature traditionnelle alsacienne à colombages… recouverte d’un habillage de lambris plus nordique, afin de satisfaire chacun ! Pierre le bâtisseur réalise le cabanon de ses propres mains. Les planches sont commandées sur mesure, en sapin pour les lambris, en pin douglas pour le sol de l’avancée.
Sur le toit, d’anciennes tuiles alsaciennes traditionnelles en « queue de castor », de récupération. « Uniquement pour le toit, il nous a fallu quatre mois d’essais, de négociations entre nous, d’harmonisation des couleurs pour parvenir au résultat souhaité ! ». On est esthète, ou on ne l’est pas ! À l’intérieur, une atmosphère douillette. Là encore, le bois fait la différence. Pour le chauffage, un poêle avec récupérateur de chaleur suffit à réchauffer la maisonnette. Et Liliane s’attelle à la décoration intérieure. « Je l’ai pensée comme une petite maison, où nous pourrions passer nos week-ends, au bout du jardin, au bord de l’eau. C’est par la suite qu’est venue l’idée d’en faire profiter des hôtes en la louant comme gîte de charme. »
Reportage réalisé par Aurélie Laglantine. Photos Franck Bel
Mon Jardin & Ma Maison N°598 Novembre 2009
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