Insolite, la glycine en arbre. Là où la place manque, on peut faire illusion avec un arbuste ou une grimpante sur tige. Pour le parfum, rosiers, chèvrefeuilles, glycines se prêtent bien au jeu. Les rosiers tige, comme beaucoup d’autres arbustes en arbre (lauriers, troènes…), sont obtenus par greffage, alors que les lianes comme la glycine sont conduites sur un tuteur à la hauteur désirée, et taillées ensuite en parapluie. Il faut compter 3-4 ans minimum de formation, puis il suffit d’une taille annuelle d’entretien.
Soigner la plantation. On n’adopte pas un arbre à la légère ! Il est même conseillé d’avoir creusé le trou avant l’acquisition. Un grand trou, deux fois plus large et profond que le volume des racines. Le préparer à l’avance permet d’apporter les amendements nécessaires pour améliorer le drainage (du sable et de la tourbe en sol lourd) ou modifier la nature du sol (terre de bruyère pour acidifier), et d’ajouter du fumier et autres matières organiques qui auront le temps de se décomposer et de se mélanger à la terre, éliminant ainsi le risque de brûler les racines. N’oubliez pas de placer le tuteur avant de reboucher le trou. Arrosez les premiers mois, même si la plantation automnale rend la surveillance moins stricte en climat pluvieux.
Au coeur du bois. Si les galbules (capsules) d’eucalyptus ont une odeur de cassis légèrement mentholée, que les cônes des sapins sentent la résine... ce ne sont que la partie la plus identifiable de l’arbre. Car, que les fleurs ou les fruits portent ou non leur odeur propre, les essences des résineux et de beaucoup de persistants (eucalyptus, Lauracées, Myrtacées, Cistacées…) sont présentes dans tous les tissus, de l’écorce au feuillage, ce qui rend ces arbres très odoriférants et productifs pour la parfumerie et la pharmacopée.
Parfums envahissants et croissance discrète. Arbres dans leur pays d’origine, certaines essences restent des arbustes sous nos climats. C’est le cas d’Olearia macrodonta (Photo) et d’Ozothamnus rosmarinifolius (Photo 1), aux fleurs très odorantes. Seuls les littoraux atlantiques permettent une bonne acclimatation de ces espèces de Nouvelle-Zélande et d’Australie, qui ne dépassent pas 1 ou 2 mètres. Les itéas de Chine ou d’Amérique (Photo 2, Itea virginica avec ses fleurs estivales parfumées) font de même.
Photo 1. Ozothamnus rosmarinifolius
Ceux qu’on ne peut pas sentir. Toutes les odeurs ne sont pas également agréables, et certaines peuvent même être dérangeantes. Les fruits du Ginkgo biloba (Photo suivante) infestent leur voisinage à l’automne ; fort heureusement, cette essence n’est pas hermaphrodite, ce qui permet de ne sélectionner que les pieds mâles pour les plantations. Sans en arriver à ces extrémités, certaines fleurs peuvent être passagèrement incommodantes, sur les châtaigniers (Photo), les troènes, les coronilles, les mimosas… Ensuite, c’est affaire de goût et de tolérance. Les allergies à la fleur de tilleul sont fréquentes, mais c’est le pollen et non le parfum qui en est l’agent, comme chez le bouleau, le pin et tous les résineux. Photo B. Pichon
Ginkgo biloba. Photo B. Pichon