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Des plantes exotiques, même en plein hiver

Les plantes qui se plaisent dans nos intérieurs permettent de créer des animations végétales intéressantes, même au coeur de l’hiver. En choisissant des espèces exotiques qui offrent des feuilles aux pigmentations originales, le spectacle est assuré !

ZOOM

Parure excentrique de la plante paon. Comme tous les calathéas, C. insignis ‘Lancifolia’ a des feuilles bien marquées. Ces Sud-Américaines ont besoin de chaleur (plus de 20 °C) et d’humidité (arrosages fréquents en été) sans trop de variations saisonnières. (Photo MAP/GWI/Trevor Sims)

"Princesse de Hanovre" ou bégonia escargot. Un exemple parmi tant d’autres de dessin original obtenu par hybridation et sélection de Begonia rex. Évitez le fort soleil d’été et la sécheresse.(MAP/Descat)

Les feuilles fugaces des caladiums. Cette plante à rhizome perd ses feuilles à l’automne. Pour les retrouver en beauté au printemps, respectez un repos hivernal au frais (15 °C) et au sec. (Photo G. Lévêque)

Les feuilles gaufrées du bégonia. Certains feuillages de bégonias ont des reflets métalliques très appréciés pour leur contraste dans les compositions, ici avec un streptocarpus. (MAP/GWI/J. Swithinbank)

5 plantes à retenir pour jouer avec les formes et les contrastes de couleurs (5 Photos suivantes).

Une misère agréable à vivre. Tradescantia zebrina est une petite plante retombante, très populaire pour ses feuilles lumineuses nuancées d’argent et de rose selon les cultivars. Peu exigeante, elle tolère une relative obscurité et des périodes de sécheresse. (MAP/Pasquel)

Les panachures de Ficus benjamina. Classique des appartements, ce petit arbre d’intérieur se comporte bien avec un arrosage régulier et un éclairage tamisé, sans courants d’air, ni surchauffe. Les formes panachées sont un peu plus fragiles, mais si lumineuses… (B. Pichon)

Des confettis pour cacher la terre. Hypoestes phyllostachya est un couvre-sol à feuilles tendres, aux motifs dessinés sur fond blanc ou rose plus ou moins foncé (ici, ‘Carmine rose’). Il garnit la surface des pots sous d’autres plantes, mais attention aux terres trop moites. (MAP/GWI/Botanic images Inc)

Grandes comme des oreilles d’éléphant. Les feuilles d’Alocasia macrorrhiza sont géantes (jusqu’à 1 m de long) et meublent vite une pièce ! Le limbe d’Alocasia sanderiana est sombre, nervuré de blanc. En pleine lumière, avec apports réguliers et fréquents d’eau et d’engrais. (MAP/GWI/C. Jenkins)

La palette vert-blanc des dieffenbachias. Dieffenbachia picta offre des panachures variées dans les tons verts. La plante est belle (1 m à 1,50 m), facile à maintenir dans un intérieur normalement chaud, mais elle a le défaut d’être toxique. (MAP/GWI/G. Delacroix)

FRANÇOIS PAULY, responsable du végétal chez Jardiland. Ce spécialiste de la célèbre enseigne de jardineries nous fait part des tendances observées ces dernières années : « La couleur s’affirme en place de “la plante verte”. La fleur du phalaenopsis, les fructifications de Solanum pseudocapsicum ou du houx (en branches coupées) sont devenues des valeurs sûres pour un cadeau gratifiant, ou pour animer son propre intérieur. Dans une moindre mesure, les feuillages participent à cette tendance. Le succès va aux tons crème ou chocolat, comme ceux de Peperomia caperata ‘Rod Luna’. Nous présentons de plus en plus de potées dans des cache-pots assortis qui donnent aux plantes une esthétique plus contemporaine. Des matières comme le zinc et surtout la céramique permettent d’assortir le pot à toutes les nuances de couleurs de feuillages. » (MAP/Strauss)

5 plantes à retenir pour mettre en valeur les textures et les panachures (5 images suivantes). Marante et cyclamen font bon ménage. L’exotique marante apprécie davantage la chaleur que le cyclamen qui, lui, ne craint pas la fraîcheur. Ils se retrouvent pourtant près de la fenêtre en hiver, à 20 °C en moyenne. Entre deux arrosages, laissez la terre du pot se ressuyer totalement pour éviter une moiteur propice au pourrissement. (MAP/GWI/N. Appleby)

Un acalypha à feuillage. Moins connu que Acalypha hispida aux longs épis tombants, A. wilkesiana est pourtant très décoratif par ses grandes feuilles marbrées, hélas toxiques comme chez beaucoup d’Euphorbiacées. S’il manque d’humidité et de lumière, ses tiges finissent souvent par se dégarnir de la base. (MAP/GWI/G. Delacroix)

Les crotons ne connaissent pas les saisons. Les belles feuilles de Codiaeum sont difficiles à garder, car la plante n’est pas adaptée à l’alternance de nos saisons et voudrait toute l’année une température moyenne de 20 °C, avec une humidité constante et de la lumière. Quand elles se plaisent, ce sont des plantes de belle envergure (jusqu’à 1 m de haut). (MAP/GWI/G. Delacroix)

Un bégonia original qui se mérite. Les couleurs extraordinaires de Begonia brevirimosa subsp. exotica demandent du soin : lumière, chaleur et arrosage dosé pour rester à l’abri de la sécheresse comme des excès d’eau. Il est rare que les bégonias à feuillage s’accommodent longtemps de conditions médiocres, et la culture en serre finit par s’imposer. (MAP/GWI/Trevor Sims)

Pour que les coléus passent l’hiver. Plante saisonnière appréciée dans les massifs d’été pour ses feuilles combinant vert, rouge et jaune (ici ‘Sun Watermelon’), le coleus trouvera une seconde vie dans la véranda, avec lumière et chaleur modérée. À bouturer chaque printemps. (Lamontagne)

Notre scène. Les feuillages colorés des scindapsus, sansivéria, bégonia et croton se mêlent aux bractées rouges du poinsettia, aux fleurs blanches et parfumées du gardénia et à la somptueuse orchidée. Toutes ces plantes réclament une lumière et une température moyenne modérées pour garder leur belle coloration. (Lamontagne)

    Lorsque les végétaux boudent la verte chlorophylle pour d’autres pigments, le rouge des anthocyanes ou le jaune des caroténoïdes, ils ne manquent pas de se distinguer, et dans cet exercice, les plantes exotiques ne sont pas en reste ! Effet de la chaleur, de lumières particulières ou d’habitats spécifiques, la couleur des limbes résulte de réactions complexes dont on ne connaît pas tous les secrets. Pigmentations et dépigmentations soulignent les nervures ou se répandent en taches improbables, pourtant programmées dans les gênes de chaque espèce.

    La coloration prend des reflets encore plus étonnants sur des textures particulières, gaufrées, moirées ou irisées, dont les bégonias donnent à eux seuls un tableau presque complet. Caladiums, coléus, marantes et bien d’autres intéressent depuis longtemps les horticulteurs qui les ont magnifiés au fil de leurs sélections…Colorés ou pas, les végétaux exotiques ne vivent pas dans nos maisons comme dans la nature. Nanifiés par l’espace du pot, transformés par le travail orticole, l’arbre devient potée, la liane suspension, le couvre-sol coussinet… Pour les aider à s’adapter, il faut cependant leur concéder un peu de notre confort : moins de chaleur, plus d’humidité, une lumière bien dosée… Des exigences parfois difficiles à satisfaire que l’on pallie en étant aux petits soins !

    Elles se plaisent à la maison

    Bien que nos atmosphères de vie ne soient pas optimales pour des végétaux, certaines espèces s’en accommodent, avec un choix de formes et de couleurs. En suspensions, on dispose de plantes solides à tiges souples, à l’exemple de la misère (Tradescantia zebrina, photo 1). Les coloris s’éloignent assez peu du vert, avec des panachures blanches chez Cissus discolor ou dorées chez les scindapsus, par exemple. À retenir, les jolis reflets grisés des petites feuilles rondes et gaufrées de certaines pépéromies et les grandes feuilles lancéolées des syngoniums aux nervures blanches. Presque miniatures, des plantes comme l’hypoestes (photo 4) ou les piléas à feuilles plus épaisses forment des coussinets brodés de motifs chatoyants. Les arbres d’intérieur jouent aussi avec les couleurs, tel Ficus benjamina, tout écrémé de blanc. Les cordylines et dracaenas forment des rubans multicolores. Plus aérien, le tilleul d’appartement (Sparmannia africana) tente des éclats dorés.

    Besoin d'une pièce bien à elles

    Les mélanges de couleurs détonants et les dessins les plus sophistiqués n’apparaissent pas toujours sur des plantes faciles à cultiver en pot.Manque de lumière, d’humidité dans l’air, variations de température trop importantes : les causes du mal-être peuvent être multiples… La véranda peut améliorer les conditions d’accueil, en évitant les courants d’air et la surchauffe du soleil à travers les vitres. Les bégonias l’apprécient en hiver, mais pas toujours en été quand ils cherchent l’ombre. De même, les marantes et les crotons, que la sécheresse de nos intérieurs indispose, y seront plus prospères, à condition de ne pas recevoir la lumière directe du soleil. Le remède à beaucoup de maux réside dans un bon arrosage, bien dosé, car l’excès d’eau dans le substrat ne remplace pas le manque d’humidité dans l’atmosphère… Faites la chasse aux soucoupes pleines et allégez les substrats avec de la tourbe. En revanche, pulvérisez régulièrement de l’eau non calcaire sur les feuilles.

    Dossier réalisé par Béatrice Pichon
    Mon Jardin & Ma Maison N°599 Décembre 2009

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