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Les feuillages pourpres des plantes vivaces
Les feuilles des plantes vivaces étoffent les massifs durablement et renforcent leur tonalité. Voici une sélection de couleurs chaudes particulièrement appréciables en fin d’été.
ZOOM
Les orpins pourpres en fin d’été. Accommodant au sec comme tous les sédums, ‘Ruby Glow’ fleurit en fin d’été, et apprécie un joli tuteurage. ‘Bertram Anderson’ est d’un effet comparable.
Des petits dahlias à feuilles foncées. Longtemps ‘Bishop of Llandaff’ a été la référence pour son feuillage pourpre. Aujourd’hui, la palette des dahlias à fleurs simples (hauteur 0,80 cm) et à feuilles presque noires offre tous les coloris. Ici ‘Knockout’ au Jardin Plume, 76.
La bien nommée euphorbe ‘Chameleon’. Mutation naturelle d’Euphorbia dulcis, elle est très accommodante mais craint les sols trop lourds. Excellent faire-valoir des floraisons rouges ou dorées.
Le bergénia se colore à l’automne. Les feuilles de ‘Bressingham Ruby’ persistent l’hiver et prennent ces tons bronze. D’autres bergénias se colorent mais c’est le plus résistant au froid et au sec. Photo G.Lévêque
Photo 5. L’épimédium en coin frais et humifère. Ce couvre-sol persistant craint le gel et le sec. Son feuillage évolue dans l’année, plus ou moins fort selon les variétés. Ici Epimedium x versicolor ‘Sulphureum’
Photo 6. Les fragiles rubans de ‘Red Baron’. Difficile de résister à ce cultivar d’Imperata cylindrica, pourtant très chagrin avec l’humidité et la sécheresse ! Les fines feuilles (80 cm de haut) de cette graminée asiatique se teintent en été de rouge d’abord en périphérie, puis deviennent écarlates à l’automne. Sol riche et bien drainé impératif. Ici avec Euphorbia characias.
Photo 7. Panaché ou zonale , pélargonium toujours ! La couronne brune de Pelargonium zonale est un trait presque banal transformé chez les hybrides en mélange de couleurs qui peuvent monter jusqu’à des jaunes très forts, mêlés à du rouge et du vert vifs. D’autres sont plus sobrement soulignés de blanc. Jouez le contraste ou l’harmonie selon la couleur des fleurs.
Photo 8. Le fuchsia ne se contente pas des fleurs. Connu pour ses clochettes, le fuchsia présente des cultivars panachés comme Fuchsia thalia ‘Versicolor’ (ci-contre) et de nouvelles variétés plus compactes (‘Tom West’) ou très colorées voire criardes (‘Firecracker’). Idéal pour des potées de longue durée, régulièrement arrosées.
Photo 9. Le canna affiche l’exotisme. Utilisé en composition saisonnière ou à demeure au sud de la Loire où il peut être rustique, ce mexicain a un style affirmé quand le feuillage affiche aussi la couleur, noire chez certains, striés chez ‘Panach’, de forme compacte avec ‘Gold Ader’.
Photo 10. L’habit d’arlequin de Houttuynia cordata. L’houttonie est un couvre-sol de milieu humide. Seule la variété ‘Chameleon’ au feuillage multicolore est décorative, moins envahissante que le type, même si elle peut l’être ! Petites fleurs blanches fugaces en été.
Photo 11. Les feuilles colorées du bugle rampant. Les cultivars d’Ajuga reptans offrent une belle palette pour tapisser les bordures en terre humide, volontiers argileuse. Le plus noir est ‘Atropurpurea’, mais on lui préfère souvent ‘Burgundy Glow’ plus gai car éclairé de blanc et de rose. Existe aussi en version panachée claire (‘Variegata’). Photo G. Lévêque
Photo 12. Le plantain sort de sa campagne. Plutôt considéré comme une mauvaise herbe, Plantago major est décoratif, paré de feuilles pourpres (‘Purpurea’) en association avec Stipa tenuifolia. Facile à cultiver mais pas forcément très pérenne.
Photo 13. Un contraste étonnant chez le Lychnis. Lychnis x arkwrightii ‘Vesuvius’ porte en été des fleurs orange vif sur ses feuilles pourpre, velues. Sa floraison n’est pas très longue, mais ne passe pas inaperçue en début d’été. Ensuite la plante vivace, de petite taille (40 cm) disparaît jusqu’à l’année suivante. Très facile et accommodante au soleil.
Photo 14. Une clématite proche des vivaces. Facile et volubile, Clematis recta se glisse entre les vivaces en étoffant les compositions avec une certaine légèreté. Le feuillage caduc est grisé chez le type et brun chez ‘Purpurea’. Sa floraison tardive est longue et parfumée. Rabattez les tiges avant le redémarrage du printemps.
Photo 15. Un tapis de sédum sous les benoîtes. ‘Karfunkelstein’ reste compact et érigé, contrairement à d’autres Sedum telephium dont les tiges plus élevées ont tendance à s’affaisser. La plante, facile, résistante au sec, présente des fleurs de fin d’été, d’un pourpre plus rosé que le feuillage. Ici associé à des benoîtes (Geum).
Adulés par les peintres jardiniers qui en enrichissent leur palette de rouges, les feuillages pourpres, mordorés ou noirs ont également leur place dans des jardins d’inspiration plus naturelle. Ils trouvent une excellente compagnie auprès des graminées quand leurs chaumes ont pris leurs reflets blonds, bruns ou roux. Les feuillages aux tons chauds sont de toutes les saisons, très présents en début de printemps avec quantité de pousses et de jeunes feuilles qui démarrent brunes avant de rallier le vert. Le phénomène est remarquable chez les pivoines, les épimédiums, les rhubarbes, les rodgersias et autres grandes frondaisons, ainsi que sur de nombreux arbres comme les érables…
Toutefois, c’est à la fin de l’été que ces feuillages sont les plus spectaculaires. Alors que les gris participent aux camaïeux pastel du printemps, les pourpres s’ajoutent aux harmonies fortes de l’été. Étalés sur de petites plages entre les bouquets fleuris, les plus sombres tempèrent les fleurs les plus vives (Montbretia, Lychnis, Kniphofia, sauges rouges, benoîtes…) et donnent de l’éclat aux plus sombres (cosmos chocolat, sédums, certains polygonums…). Ils assurent une pérennité au massif qui peut espérer survivre aux floraisons, encore davantage avec des feuillages persistants, hélas rares, tels que le bergénia ou l’ophiopogon. (Voir photos 1 à 5)
Dessinées au pinceau
Certaines feuilles font le spectacle seules, quand leur forte pigmentation se répand en zébrures, marbrures et autres… Ces dessins peuvent être un caractère propre de l’espèce, avec les marques brunes de Geranium phaeum ou le maillage blanc d’Arum italicum, ou bien un trait de famille comme les marbrures des saxifrages et heuchères ou le V renversé de plusieurs renouées (Persicaria capitata, P. elata, P. virginiana et son ‘Painter’s Palette’). Ces feuillages marqués ont une forte présence, un atout qui peut aussi casser l’harmonie de la plate-bande si leurs couleurs bigarrées éteignent des floraisons plus délicates et passagères.
L’utilisation des feuillages panachés est plus facile en sujet isolé, ou en pot, un mode de culture qui correspond bien aux pigmentations les plus fortes, le plus souvent originaires de climats chauds comme les Coleus, Plectranthus, Pelargonium qui ne sont pas assez rustiques pour s’intégrer aux bordures pérennes. (Voir photos 6 à 10)