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En Gascogne, un jardin comme en Toscanne

Ce jardin a été dessiné et composé en terrasses pour faire le lien avec la nature environnante. La légèreté et la fluidité des feuilles d’olivier et de grenadier permettent au regard de filer vers les collines gersoises.

ZOOM

L’allée pavée de cailloux de rivière est bordée de géraniums vivaces G. platypelatum aux fleurs bleu-violet jusqu’à l’automne. Leurs feuilles prennent un rouge flamboyant dès fin septembre.

La tour de la maison colorée par Ampelopsis brevipedunculata est coiffée d’un pin parasol. À l’arrièreplan, un peuplier d’Italie est le premier à donner le ton de l’automne.

Par l’allée pavée bordée de géraniums vivaces, soit on descend vers le plan d’eau, soit on monte vers l’orangerie, lieu d’évènements et de rencontres. Elle est encadrée par quatre oliviers centenaires.

Un moutonnement de lauriers-tins taillés en boule conduit à l’allée du club house.

La fontaine est aménagée dans un vieux cuvier moussu déniché dans une ferme gasconne.

La sculpture de Joachim Van Den Hurk fait écho à la verticalité des cyprès. Elle est posée au milieu de la spirale de buis et exposée à l’est. La tige de fer vire au vent et par le cercle rouge, le soleil renvoie ses rayons matinaux dans la cuisine à l’heure du petit-déjeuner. Le bassin est encadré par deux potées de buis.

Bordant la terrasse près de la tour, une rangée de pittosporums nains taillés crée un moutonnement. À l’angle, grimpe un Trachelospermum vivace odorant tout l’été.

L’allée qui traverse le parc est émaillée de bouleaux de cèdres et de cyprès d’Italie.

Trachycarpus fortunei, palmier non gélif règne près de la terrasse sud, comme souvent dans les maisons gasconnes. Le mobilier de jardin art nouveau est disposé à l’ombre d’un érable pourpre. Dans le fond, on devine une allée de cyprès enherbée.

    Dans son premier jardin, Madeleine avait tenté de reproduire le parc de son enfance, un lieu mythique chargé de souvenirs affectifs : une jeunesse entière passée dans les arbres, un père poète, paysagiste et pépiniériste, une passion pour les cyprès d’Italie...

    Pour son nouveau jardin, créé il y a maintenant cinq ans, elle a privilégié le dessin, en jouant avec le végétal, l’eau et la pierre, et en intégrant des réminiscences de ses voyages dans les jardins. Ainsi, une allée pavée de cailloux blonds de rivière fend l’espace jusqu’au bassin. Elle est bordée de géraniums vivaces magenta mêlés à des touffes d’origan. C’est alors le royaume des papyrus et des pondétéries P. cordata, aux fleurs bleues et aux feuilles en forme de coeur.

    Des grenadiers et des oliviers, plantés symétriquement de chaque côté de l’allée, offrent un clin d’oeil aux jardins mauresques de l’Alhambra de Grenade et à ceux des Oudayas à Rabat, tout comme la fontaine qui apporte une note musicale et fraîche l’été.

    Aux jardins italiens, Madeleine emprunte l’aménagement en terrasses ponctué de claustras en briques sur lesquels sont posés des pots Médicis. Les cyprès dressent leurs colonnes dont le vert sombre contraste avec le gris des oliviers. Les arbres au feuillage persistant alternent ici avec une végétation aux feuilles caduques élue pour ses belles couleurs d’automne, une longue saison en Gascogne.

    C’est la période préférée de Madeleine, marquée par la beauté des érables des forêts domaniales du Sud-Ouest et celles de hêtres rouges, au col des Ares dans les Pyrénées toutes proches. Voisinent dans son jardin, près d’une cinquantaine de cyprès, des grenadiers dorés, des bouleaux aux pépites d’or, des Cotinus coggygria qui se parent d’orange intense.

    Au sol, pointent les petits cyclamens de Naples échappés des bois de la région. Deux Hydrangea quercifolia géants, en pots, ferment la cour intérieure qu’ils animent de leur flamboyant feuillage. La vigne vierge couvre de son manteau rouge la maison et les dépendances avant de s’effeuiller sur les terrasses. Les tapis de feuilles font partie du charme du jardin en cette saison : elles se ramassent aux premières gelées au moment des nouvelles plantations.

    La jardinière a fait sien le proverbe « À la Sainte-Catherine tout arbre prend racine », tout en se remémorant la phrase de son père « plantez un arbre pour les oiseaux », c’est-à-dire une espèce riche en baies. Elle se réjouit des belles palettes de couleurs en perspective et de ces nouvelles sensations visuelles. « Combien de saisons faudra-t-il pour que l’ensemble arrive à maturité ? » Pour Madeleine, prendre son temps, s’attarder dans son jardin, c’est aussi faire un voyage…

    Reportage réalisé par Françoise Dubarry. Photos Perdereau
    Mon Jardin & Ma Maison N°598 Novembre 2009

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