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Habiter dans un moulin alsacien

Proche de Strasbourg, en lisière du parc naturel des Vosges du nord, ce vieux moulin à grains alsacien a été transformé en une auberge pleine de charme et de sérénité…

ZOOM

Niché dans le creux d’un vallon, ce vieux moulin du XIXe siècle possédait encore de très beaux bâtiments. Grâce au savoir-faire de ses propriétaires, l’antique bâtisse a retrouvé une nouvelle jeunesse dans le respect des traditions de l’architecture alsacienne.

Lla table, dressée par la maîtresse de maison, est fleurie des cueillettes du jardin.

Les deux biefs qui alimentent le moulin réfléchissent la silhouette des arbres.

Félix s’amuse des feuilles d’automne qui volent dans l’entrée couverte de la maison.

Croquer des pommes, prendre le thé, lire en contemplant les canards… Le jardin est un véritable havre de paix.

Un petit salon où il fait bon s’attarder près de la cheminée en cette fin d’après-midi automnale.

Typique de la région, la tradition des plafonds peints a été magnifiquement interprétée par le peintre-décorateur Edgard Mahler sur les poutres anciennes de cette chambre

On passerait bien la matinée dans la salle à manger tant le petit-déjeuner est un moment délicieux !

Les douze chambres spacieuses et lumineuses allient la modernité des matériaux et le classicisme de vieux meubles. Il y a aussi quelques réalisations très contemporaines, comme cette suite donnant sur le jardin

Après une grande promenade sur les sommets vosgiens tout proches, les luxueuses salles de bains donnent envie de se prélasser longuement

Entièrement habillée de bois, la salle à manger offre une ambiance très chaleureuse.

Soubassements en bois, parties hautes décorées par le peintre Willy Schmidt. Tout le raffinement de la maison se trouve dans les petits détails de la décoration.

Sur le pont en rocaillage qui enjambe le bief, François et Annie observent Napoléon et Cythare, qui viennent même vous manger dans la main !

Construit récemment avec des matériaux anciens de Rombourg, le préau protège l’entrée de la maison. Dans quelques jours, les propriétaires feront du cidre avec les pommes du verger.

La grande salle à manger, avec ses murs badigeonnés à la chaux, ouvre directement sur l’écurie… Au fond, un grand poêle alsacien sert désormais de rangement pour les confitures servies au petit-déjeuner !

    C’est une ravissante balade entre collines et vignobles, forêts et villages bleus qui nous mène de Strasbourg vers le parc régional naturel des Vosges du Nord. Au détour d’un village de carte postale, une cigogne, perchée sur un clocher, s’ébroue dans le matin clair et lumineux de l’automne alsacien. On croise des maisons aux façades colorées, des bleues bien sûr, mais aussi des roses ou des vertes, des balcons couverts de pétunias, de sédums et de géraniums, avant d’arriver dans le petit village de Gundershoffen.

    Là, en empruntant un petit chemin, on arrive sur de magnifiques bâtiments articulés autour d’un préau au bardage de bois sombre, soutenu par d’imposants piliers en grès rose.

    Le vieux moulin semble tout droit sorti des livres d’images de notre enfance, avec son jardin très soigné, le cours d’eau où glissent des cygnes et les bras de rivières enjambées par de petits ponts en bois. Propriétaires depuis plusieurs générations du célèbre restaurant Le Cygne – deux macarons au Guide rouge – Annie et François avaient acquis ces bâtiments il y a plus de trente ans… Très pris par leur métier, ils en avaient seulement aménagé une partie pour y installer leur maison, laissant le reste en l’état. Il y a six ans, ils ont décidé de redonner vie à cette vieille bâtisse et de la transformer en une grande maison, pourvue d’une douzaine de chambres. Si le préau semble avoir été construit en même temps que les bâtiments, c’est-à-dire à la fin du XVIIIe siècle, il n’en est rien !

    Au départ, le moulin était composé de deux ailes distinctes que François et Annie ont décidé de relier pour plus de commodité. La rénovation, tant extérieure qu’intérieure, a été confiée à des artisans locaux, travaillant exclusivement avec des matériaux anciens.

    Depuis des décennies, il existe en Alsace tout un réseau de récupérateurs qui s’attachent à sauver le patrimoine bâti traditionnel Et les pans de bois se prêtent plus facilement à cette manipulation que d’autres systèmes de construction. Numéroté, démonté, le bois qui forme les maisons est ensuite vendu et remonté selon les besoins. C’est ainsi qu’Annie et François ont déniché plusieurs des petites constructions installées dans le parc autour du moulin, mais aussi les piliers du préau, une grande partie des sols de la maison et certaines portes.

    Mais que faire de la grosse turbine électrique qui trônait dans l’entrée ? Après y avoir longuement réfléchi, les propriétaires ont préféré la conserver pour garder au lieu son esprit « industriel ».

    Alliant avec goût des éléments ultracontemporains et d’autres plus classiques, la maison, située à moins de 300 mètres du restaurant, permet de prolonger la magie de la table de François ! En effet, quoi de plus plaisant, après un bon repas, que de profiter de ce cadre où tout concourt à l’harmonie et la sérénité.

    Reportage réalisé par Anne Valéry. Photos Bernard Dozel.
    Mon Jardin & Ma Maison N°598 Novembre 2009

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